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Pourquoi les ETF séduisent de plus en plus d’investisseurs ?

Article publié le 16 Décembre 2025 | 4 minutes de lecture

Longtemps réservés aux investisseurs avertis et aux institutionnels, les ETF (Exchange Traded Funds), également appelés trackers, se sont imposés en quelques années comme l’un des piliers de l’investissement moderne. Simples à comprendre, peu coûteux et extrêmement diversifiés, ils répondent aux attentes d’une nouvelle génération d’épargnants en quête de transparence, de performance et de maîtrise des risques.

Loin de remplacer la gestion active ou l’investissement en actions en direct, les ETF constituent aujourd’hui un outil complémentaire incontournable, aussi bien dans une approche patrimoniale de long terme que dans une allocation dynamique.

 

Un engouement massif et désormais mesurable

Le succès des ETF n’est plus une intuition, mais une réalité chiffrée. En France, leur diffusion progresse à un rythme soutenu depuis plusieurs années. Le nombre de détenteurs d’ETF augmente en moyenne de 24 % par an depuis 2022, illustrant un changement profond dans les comportements d’investissement.

En 2025, 2,6 millions de Français détiennent des ETF, selon les estimations de BlackRock, avec 1,6 million de nouveaux investisseurs attendus sur douze mois, soit une progression spectaculaire de +61 %. Malgré cette croissance rapide, la France reste encore en retrait par rapport à certains voisins européens : seuls 5 % des adultes français détiennent des ETF, contre 16 % en Suisse, en Autriche ou en Suède, et 21 % en Allemagne.

Ce décalage souligne un potentiel de développement encore très important, notamment à travers des enveloppes fiscales attractives comme le PEA, qui rend aujourd’hui plus de 100 ETF éligibles, couvrant aussi bien les marchés européens que mondiaux.

Comprendre ce qu’est réellement un ETF

Un ETF est un fonds d’investissement coté en Bourse, qui a pour objectif de répliquer fidèlement la performance d’un indice ou d’un actif sous-jacent. Contrairement aux fonds traditionnels, il se négocie en continu, comme une action, pendant toute la durée de la séance boursière.

Le sous-jacent peut prendre de multiples formes : indice géographique (Europe, États-Unis, marchés émergents), secteur économique, thématique d’investissement, obligations ou même stratégies spécifiques. Cette architecture permet à un investisseur d’accéder en une seule opération à des dizaines, voire des centaines de valeurs, sans avoir à les sélectionner individuellement.

Selon les enquêtes menées auprès des épargnants, 42 % des investisseurs citent la diversification comme principale motivation, devant la facilité d’utilisation (33 %). Les ETF répondent ainsi parfaitement à une logique de construction de portefeuille rationnelle et disciplinée.

 

 

Une histoire déjà longue, mais en constante évolution

Contrairement aux idées reçues, les ETF ne sont pas un produit récent. Le premier ETF est lancé en 1993 aux États-Unis, avec le célèbre SPDR S&P 500, qui réplique l’indice phare américain. Plus de trente ans après sa création, ce tracker est toujours en circulation, avec 720 milliards de dollars d’encours et des frais extrêmement faibles de 0,09 %.

En Europe, le premier ETF voit le jour en France en 2001, avec le Lyxor CAC 40, marquant le point de départ d’un marché aujourd’hui très structuré. Le secteur est désormais dominé par quelques grands acteurs mondiaux, notamment BlackRock, Vanguard et State Street, tandis que Amundi s’impose comme le leader européen, renforcé par le rachat de Lyxor en 2023.

Cette concentration du marché a contribué à améliorer la qualité des produits, à réduire les frais et à élargir considérablement l’offre, tant sur les indices traditionnels que sur des stratégies plus spécialisées.

 

 

Des frais structurellement plus bas que la gestion active

L’un des principaux atouts des ETF réside dans leur structure de coûts particulièrement compétitive. En moyenne, les frais annuels des ETF actions s’élèvent à 0,3 %, contre 1,8 % pour les fonds actions gérés activement. Pour les ETF obligataires, les frais descendent à 0,2 %, alors que les fonds obligataires classiques avoisinent 1 %.

Cet écart peut sembler marginal à court terme, mais il devient déterminant sur la durée. Sur dix ans, la différence de frais peut représenter jusqu’à 16 % de gain supplémentaire pour l’investisseur, à performance brute équivalente. Cette efficacité repose sur des économies d’échelle importantes, rendues possibles par la gestion indicielle et la taille croissante des encours.

Dans un contexte de rendements financiers plus incertains, la maîtrise des coûts est devenue un levier de performance à part entière, ce qui explique en grande partie l’attrait des ETF auprès des épargnants avertis.

 

 

Une offre de plus en plus large et sophistiquée

Les ETF ne se limitent plus à la simple réplication des grands indices boursiers. Aujourd’hui, ils permettent d’investir sur des zones géographiques précises, comme l’Europe, les États-Unis, le Japon ou les marchés émergents, mais aussi sur des thématiques ciblées telles que la santé, les infrastructures, les ressources naturelles ou les valeurs moyennes.

Certains ETF sont également conçus pour atténuer la volatilité, intégrer des critères ESG ou offrir une exposition défensive. D’autres utilisent des mécanismes spécifiques, comme l’effet de levier ou la protection contre les baisses de marché, ce qui nécessite une compréhension approfondie avant toute utilisation.

Cette richesse d’offre renforce le rôle des ETF comme briques de construction d’une allocation patrimoniale globale, adaptable aux différents profils de risque et horizons de placement.

 

 

Des risques réels à ne pas sous-estimer

Si les ETF présentent de nombreux avantages, ils ne sont pas exempts de risques. Un ETF réplique intégralement la hausse, mais aussi la baisse de son indice. En cas de marché défavorable, l’investisseur subit donc pleinement les pertes, sans mécanisme de protection automatique.

Le risque de change constitue également un point de vigilance, notamment lorsque l’ETF est exposé à des actifs libellés en devises étrangères. Par ailleurs, certains ETF peuvent présenter un écart de réplication, en particulier sur des sous-jacents moins liquides ou plus complexes.

Enfin, les ETF les plus sophistiqués, notamment ceux à effet de levier ou à stratégie inverse, s’adressent à des investisseurs avertis et ne sont pas adaptés à une détention de long terme sans suivi régulier.

 

 

Les ETF, une troisième voie d’investissement

Les ETF s’imposent aujourd’hui comme une troisième voie entre l’investissement en actions en direct et la gestion active traditionnelle. Ils offrent diversification, liquidité, transparence et maîtrise des coûts, tout en laissant à l’investisseur la liberté de construire sa stratégie.

Intégrés intelligemment dans une allocation équilibrée, ils constituent un outil puissant au service de la performance de long terme, à condition d’en comprendre les mécanismes et les limites. Leur succès actuel ne relève pas d’un effet de mode, mais d’une transformation profonde de la manière d’investir en Bourse.

 

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