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Immobilier : pourquoi les Français rêvent toujours plus de campagne

Article publié le 7 Octobre 2026 | 5 minutes de lecture

La maison avec jardin, le calme et la proximité avec la nature continuent de s'imposer dans l'imaginaire immobilier des Français. Et ce désir ne semble plus seulement lié à la recherche d'espace née pendant la crise sanitaire. En 2026, il traduit aussi des inquiétudes plus profondes : pouvoir d'achat, changement climatique, insécurité économique ou encore recherche d'un environnement jugé plus protecteur.

Selon la première édition de l'étude HABITER réalisée par Ipsos BVA pour leboncoin immo auprès de 6 000 personnes, 65 % des Français choisiraient une zone rurale, un village ou une petite ville s'ils pouvaient habiter où ils le souhaitent sans contrainte. Seulement 9 % opteraient pour une grande métropole.

Plus qu'un simple attrait pour la campagne, cette tendance révèle une transformation de la manière dont les Français envisagent désormais leur logement.

 

La campagne et les petites villes font davantage rêver que les métropoles

Lorsqu'on leur demande d'imaginer leur cadre de vie idéal, les Français se tournent massivement vers des territoires moins denses.

65 % privilégieraient une zone rurale, un village ou une petite ville, contre 23 % pour une ville moyenne et seulement 9 % pour une grande métropole. Près de trois personnes sur quatre choisiraient également une maison avec jardin en périphérie plutôt qu'un logement plus petit en centre-ville, même si celui-ci est plus proche des commerces et des transports.

Le phénomène n'est pas entièrement nouveau. La crise sanitaire puis le développement du télétravail avaient déjà favorisé les villes moyennes, les périphéries et certains territoires ruraux.

Entre 2020 et 2023, les prix immobiliers avaient d'ailleurs fortement progressé dans plusieurs villes moyennes sous l'effet des taux de crédit très faibles et de cette nouvelle recherche d'espace. Sur six ans, le marché a néanmoins connu un retournement : après une progression moyenne des prix de 16,7 % entre 2020 et 2023, la remontée des taux a entraîné une correction à partir de 2023.

En 2026, la recherche de verdure demeure donc, mais les motivations ont évolué.

 

 

Derrière le rêve de campagne, une recherche de sécurité

Le logement est de moins en moins perçu comme un simple nombre de mètres carrés ou comme une adresse prestigieuse.

Il devient davantage un refuge face à un environnement jugé incertain.

Selon l'étude Ipsos BVA, 59 % des Français placent le logement intimiste et sécurisant parmi leurs modèles d'habitat préférés, tandis que 62 % recherchent avant tout la tranquillité dans leur voisinage.

Cette aspiration explique en partie pourquoi les grandes métropoles perdent de leur pouvoir d'attraction. Densité, bruit, prix élevés de l'immobilier ou logements plus petits peuvent apparaître en décalage avec les nouvelles attentes.

Les Français ne veulent pas nécessairement vivre complètement isolés. Ils recherchent plutôt davantage d'espace personnel tout en conservant des services et des liens sociaux à proximité.

C'est justement ce qui pourrait continuer à favoriser les petites villes et les villes moyennes : elles permettent souvent de combiner maison, espace extérieur, commerces, écoles, transports et bassin d'emploi.

 

 

Le changement climatique bouleverse aussi les critères immobiliers

Autre évolution majeure : le climat devient progressivement un véritable critère de choix immobilier.

Pour 66 % des personnes interrogées, adapter les logements et les quartiers au changement climatique constitue l'une des principales priorités de l'habitat de demain, devant même la réduction des dépenses énergétiques, citée par 60 % des répondants.

La tendance est particulièrement visible avec la multiplication des épisodes de fortes chaleurs.

Une autre étude publiée durant l'été 2026 indiquait que 81 % des Français ressentent un inconfort lié aux fortes chaleurs dans leur logement. Jardin, exposition du logement, isolation, végétation ou étage deviennent alors des critères susceptibles d'influencer une décision d'achat.

Les Français semblent ainsi attendre moins de leur logement qu'il soit ultra-connecté que capable de les protéger.

89 % jugent utile un logement capable de rester confortable pendant une canicule sans climatisation, et une proportion comparable valorise les logements capables de mieux résister aux risques d'inondation ou d'incendie. À l'inverse, seuls 15 % placent davantage de connectivité parmi leurs priorités.

L'habitat du futur pourrait donc paradoxalement ressembler davantage à une maison bien isolée entourée de verdure qu'à un appartement entièrement connecté au cœur d'une métropole.

 

 

Pouvoir d'achat immobilier : la campagne garde un avantage

Cette aspiration à quitter les grandes villes est également liée à une réalité économique.

Dans une grande partie du territoire français, s'éloigner des métropoles permet encore d'obtenir davantage de surface pour un budget équivalent.

Les villes moyennes continuent ainsi d'apparaître comme un compromis intéressant entre emploi et immobilier. Plusieurs territoires offrent des prix sensiblement inférieurs à ceux des grandes métropoles, alors que ces dernières restent pénalisées par un rapport moins favorable entre salaires et prix des logements.

La remontée des taux de crédit complique néanmoins l'équation.

Après l'amélioration observée précédemment, les conditions de financement se sont de nouveau légèrement tendues en 2026. À l'été, les taux immobiliers moyens évoluaient autour de 3,3 % hors assurance, obligeant certains ménages à allonger la durée de leur prêt ou à revoir le type et la localisation du bien recherché.

Chercher quelques dizaines de kilomètres plus loin peut alors permettre de conserver le projet d'une maison et d'une surface plus importante malgré une capacité d'emprunt limitée.

 

 

Mais entre le logement rêvé et le logement réel, les inégalités demeurent

Le désir de maison à la campagne ne signifie pas pour autant que les Français sont tous prêts à déménager.

61 % déclarent aujourd'hui vivre dans un cadre correspondant à leur idéal, mais les écarts sont considérables en fonction de la situation économique.

La proportion atteint 71 % chez les propriétaires, contre seulement 45 % chez les locataires. Chez les ménages les plus aisés, 71 % estiment vivre dans un cadre correspondant à leurs attentes, contre seulement 39 % parmi ceux contraints de renoncer à certaines dépenses essentielles.

La question immobilière reste donc profondément liée au pouvoir d'achat.

D'ailleurs, 30 % des personnes recherchant un logement à acheter en 2026 mènent parallèlement une recherche locative, signe que certains candidats à l'accession doivent encore adapter leurs projets aux réalités du marché. En Île-de-France, cette proportion atteint même 40 %.

Le rêve d'une maison au vert reste donc plus facile à concrétiser pour certains ménages que pour d'autres.

 

 

Un exode vers les campagnes ? Pas forcément

Ces résultats ne doivent toutefois pas être interprétés comme l'annonce d'un exode massif des métropoles françaises.

Les contraintes professionnelles, les transports, la proximité des écoles, les services médicaux ou encore la présence de commerces restent déterminants.

Le parc immobilier français lui-même demeure très diversifié. Au 1er janvier 2026, 57,3 % des ménages français sont propriétaires de leur résidence principale, tandis qu'environ 40 % sont locataires. Les communes situées hors des unités urbaines représentent par ailleurs un peu plus d'un cinquième du parc de logements.

La transformation pourrait donc être moins spectaculaire qu'un départ massif vers les campagnes.

Elle pourrait plutôt prendre la forme d'un rééquilibrage progressif entre métropoles, villes moyennes, périphéries et territoires ruraux.

 

 

Immobilier : le cadre de vie devient aussi important que le logement

La principale évolution tient peut-être là.

Pendant longtemps, un projet immobilier se résumait essentiellement à quelques critères : prix, surface, localisation et proximité avec le travail.

Aujourd'hui, d'autres considérations prennent une importance croissante : température du logement en été, accès à un extérieur, calme, proximité avec la nature, coût énergétique, capacité à télétravailler ou encore résistance aux événements climatiques.

Le logement devient ainsi à la fois un lieu de vie, un refuge et une protection contre certaines incertitudes économiques et environnementales.

Cette évolution pourrait durablement modifier la géographie de la demande immobilière française.

La campagne ne remplacera probablement pas la ville. Mais les territoires capables d'offrir de l'espace, de la nature, des services et une bonne connexion avec les bassins d'emploi disposent désormais de sérieux arguments pour attirer les ménages.

En matière d'immobilier, les Français semblent finalement rechercher moins la maison du futur que quelque chose de beaucoup plus simple : un logement dans lequel ils peuvent réellement respirer.

 

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